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jeudi 8 juillet 2010

Dijon 2010, c'est...

Plusieurs cargaisons complètes de touristes asiatiques et leurs appareils photo.
Par extension, un nombre de photos de vacances incalculable dont je truste l'arrière-plan en toute innocence.
Une  superbe moustache féminine aux chauds tons de brun agrémentée de roux flamboyant.
Environ cinq mois non-stop à patauger dans la neige et à se plaindre du froid.
De très nombreuses soirées à me distendre la panse en regardant des bêtises avec mes deux J préférés.
400 siestes dans le bus.
Deux loligoths comme on en voit rarement, montées sur chaussures plate-formées.
Un chauffeur de bus sur deux qui ne sait que piler net pour freiner et donner de grands coups de volant pour tourner.
40h de siestes cachée derrière mon PC.
1 robe mélange sac et drap semi transparente aussi fluo qu'un stabilo orange.
Un stage durant lequel j'ai appris qu'une stagiaire même pas diplômée est censée avoir les connaissances et l'expérience d'un chef de projet et pouvoir mener en 3 mois un projet qui durerait une bonne année.
Un belge avec qui partager intimité et poisson cru.
Une famille retrouvée alors que je ne l'avais pas perdue.
Un nombre incommensurable d'émissions télé-réalistes regardées sur M6.
Des milliers, peut-être même des centaines de milliers de mots tapés sur le clavier, pour les cours, le boulot, pour le plaisir et la discussion, pour le sérieux et le rire.
Des embrouilles, des prises de becs et de jolies discussions virtuelles.
Dijon, c'est fini pour un mois et demi.

vendredi 25 juin 2010

Au jour le jour.

Il y a des jours avec et des jours sans. Des jours où il fait beau et des jours non.
Et chaque jour, au jour le jour, nous le vivons. Ces jours gris où rien ne va. Où tout ce qui est en temps normal insignifiant, cette fois, nous touche, s'ajoute à tout. Tout le reste. Ces jours roses où tout est beau. Où tout ce qui était trop pointu s'arrondit.
Qu'est-ce qui rend les jours gris ou roses?
Ces tout petit détails si minuscules que souvent, on ne voit pas. Ces tout petits bouts, qui séparément ne veulent rien dire, n'ont rien à dire. Ces choses banales qui n'ont pas la moindre importance.
Tous ces morceaux éclatés qui, assemblés, nous forment, nous. Moi, toi, eux, nous ne sommes qu'une somme de toutes petites choses.
Certains disent qu'il faut surtout pas se décortiquer, qu'alors il n'y a plus de mystère, plus de plaisir, que ne reste de la connaissance trop aigüe de soi.
Mais.
A ne pas se connaître, est-ce qu'on ne manquerait pas certains détails?
Ces détails qui rendent les jours gris ou roses.
Quand la carapace du flou, de l'inconnu, que reste-t-il?
A-t-on si peur de ne prendre aucun plaisir à se côtoyer au quotidien qu'il faille le tourner en aventure ou dérision?
Et si c'était ça, bien plus que les surprises et les évènements. Et si c'étaient ces jours sans sel et insignifiants.
Et si c'étaient eux qui comptaient plus que tout?
Ils sont bien plus nombreux après tout.
Tous identiques, semblables à un autre, déjà vécu, par soi ou les autres.
Leur somme nous complète, nous emplit.
Leur somme fait de nous ce que nous sommes.
Gris rosâtre ou rose grisâtre, ces tout petits jours comptent bien plus que les grands. Si rares, si faux. Si rare de réellement en profiter, si faux de prétendre les savourer. Ces incroyables jours.
Petits jours dans l'ombre des grands. Petits jours qui auraient pu être tant.
Si dommage de les perdre, de lles laisser filer sans jamais se retourner.
Et si nous croyions tout à l'envers?
Et si plutôt que de vivre en attendant, il ne valait pas mieux de prendre le temps?
Et si tout ça n'était que du vent.

Pourquoi?

Pourquoi moi et pourquoi pas?

Pourquoi j'veux être c'que je n'suis pas
Et pas songer à c'que je crois
Qui de toi, qui moi
Pourra répondre à ça : pourquoi ?

Pourquoi faire ainsi et pas comme ça
Pourquoi tout fuir et puis voilà
Si c'que j'voulais, c'était là-bas
Si c'est ici et pas par là ?

Pourquoi est-c'que j'n'entends pas
Ce que tu dis, ce que tu vois
Pourquoi est-c'que je ne sens pas
Ce que je pense n'a pas de voix

Tu m'examine et pointe du doigt
"C'est faux, c'est faux, tout ça, c'est moi"
Pas de repères, pas d'autre fois
Je suis moulue, j'ai plus de voix

Je suis quelqu'un, est-c'que j'y crois?
Mais je t'assure, j'veux pas de ça
Quand la raison n'a pas de droits
C'est qu'le mental est bien le roi

Alors dis-moi. Pourquoi?

dimanche 13 juin 2010

Dans le métro, mais pas trop.


Dans le métro, toujours, je me demande. Je me demande qui sont ces gens de l'autre côté de la vitre, où ils vont, ce à quoi ils pensent. Et lui, là, qui a l'air tout droit sorti d'un magazine tellement tendance qu'on ne sait pas vraiment tendance à quoi, est-ce qu'il va voir sa mère? Ou bien à la librairie? Alors qu'il a juste l'air du genre quelle que soit l'heure du jour ou de la nuit, paré à aller en boîte. Et elle, celle qui essaye de se concentrer sur son livre mais passe son temps à relever les yeux pour regarder le vide? Est-ce qu'elle songe à une rupture trop neuve et trop douloureuse? Ou peut-être à l'entretien auquel elle se rend.
Et cette humeur chagrine? C'en est une? Ou simplement une tête de métro, où il ne fait pas bon sourire trop ouvertement?

A regarder à travers la vitre, je me demande. Et ce monde de l'autre côté, un tout petit peu décalé d'ici, est-ce qu'il existe pour de bon? Si contre la vitre j'appuie mon front, si j'oublie la séparation entre les wagons, est-ce que je vais passer de l'autre côté?
Qu'est-ce qu'il y a de l'autre côté?
Autant fermer les yeux, se laisser bercer par les balancements de la rame et les rouvrir sur l'en face, ce monde juste à-côté où tout le monde est un peu décalé.

Et si ce monde-là existait, qu'est-ce qui serait décalé? Est-ce qu'il faudrait être laid plutôt que beau? Sale plutôt que propre? Déprimé plutôt qu'épanoui? Menteur plutôt qu'honnête?
J'imagine, je me demande, serais-je la même plume si jje traversais la vitre? Aurais-je toujours envie d'être jolie s'il fallait être moche? Serais-je toujours un peu geek et pas si sociable s'il fallait être renfermé et grognon?

To be continued

Trop



 Parfois, trop, c'est trop. Vous savez, ces moments qui ont l'air de ne jamais vouloir se terminer. Ceux qui ne se supportent que parce que justement, on reste persuadés qu'ils ont une fin. Ou tout du moins, on s'en convainc.
Mais quand le un peu trop depuis un peu trop longtemps se transforme en trop depuis trop longtemps? Puis en beaucoup trop depuis beaucoup trop longtemps? Quand on ne comprend vraiment plus le pourquoi du comment, quand le parce que s'échappe loin de toute prise, quand les motivations, les raisons et les doutes se mélangent un peu trop, trop, beaucoup trop. Comment faire?

Il y en a qui explosent, jurent qu'ils vont tout envoyer chier, que demain, c'est fini et basta, parce que je l'ai décidé et puis c'est tout. Si tout change, peut-être que tout sera différent.

Il y en a qui font le dos rond, haussent les épaules, prétendent que ce n'est rien. Si je le dis que ce n'est rien, peut-être que ça le deviendra.

Il y en a qui foncent, loin vers l'avant ou loin vers l'arrière, qui rêvent et s'enfuient, oublient les autres dans la course. Si je me cache les yeux, peut-être qu'on ne me verra plus.

Il y en a qui s'enfoncent, se demandent si les sables mouvants vont bientôt leur emplir les narines, ne savent plus bien s'il faut se battre, se débattre ou se laisser couler. Si je touche le fond, peut-être que je ne pourrai pas tomber plus bas.

Il y en a qui voient la fin du monde arriver, transforment un tas de petit cailloux en une grande montagne. Si je pleure et ai peur, peut-être que je ne vais pas le supporter.

Il y en a qui prennent les choses une par une, séparément, les tournent, les retournent et les règlent. Si je ne me pose pas de question, peut-être que je n'aurai pas besoin de réponse.

Il y en a qui se creusent la tête, lient et relient tout ensemble, s'acharnent, réfléchissent, se prennent la tête entre les mains. Si je comprends pourquoi, peut-être que ça n'arrivera plus.

Moi, je crois que la plupart font tout ça à la fois. Je veux bien pleurer, si c'est pour rire après. Je veux bien bouder si c'est pour me faire câliner. Je veux bien supporter si c'est pour profiter. Il paraît que c'est la vie, et que ça ne s'arrête jamais. Pourtant, il faut bien espérer. Non?
Quand trop c'est trop et qu'il n'y en a plus assez, il faut patienter, la tranquillité reviendra, pas pour longtemps sûrement, on dit que la vie est une longue vallée de larmes, et après tout, nous sommes tellement doués pour nous infliger le pire et laisser passer le meilleur. Peut-être qu'un jour, la machine sera inversée et mieux huilée.

dimanche 6 juin 2010

Stand by your man?


"Sometimes it's hard to be a woman
Giving all your love to just one man
And if he love you
Oh be proud of you
'Cause after all he's just a man
Stand by your man
Give him two arms to claim to
And something warm to come to
When nights are cold and lonely
Stand by your man
And tell the wolrd you love him
Keep giving all the love you can
Stand by your man"
A écouter cette chanson tirée des Blues Brothers - la première version, oui, je serai fidèle jusqu'à la mort à mes classiques d'enfance, quoi que vous puissiez en dire - cette question me vient. Stand by your man? Reste près de ton homme? Vraiment?

Oh bien sur, je vous entends dire vous là, au fond, que je peux bien parler, célibataire et plutôt heureuse de l'être que je suis, que je ne suis qu'une sale petite peste jalouse. Mais là, ah, et bien c'est la définition de ce qu'est une femme, non? Qui suis-je donc pour me vexer d'être considérée comme telle?

Il ne s'agit bien sûr pas d'un début de pamphlet vipérin à l'encontre de la gent masculine. J'aime les hommes, probablement bien plus qu'il n'est raisonnable, et certainement bien trop pour mon bien. Mais. La question n'est pas là.
Reste près de ton homme? Vraiment? Ces quelques paroles, sur fond de cris grivois et de lancés plus ou moins réussis de bouteilles vides - ou pleines, tout dépend de votre vision du monde - m'ont frappée par leur justesse. Après tout, chaque femme à sa manière aspire à rester près d'un homme, à le porter aux nues et à lui offrir ses bras - son corps d'ailleurs, vivons avec notre temps - tout comme les féministes clament haut et fort que c'est la chose la plus avilissante qui puisse exister.
Où veux-je donc en venir avec tout ça allez-vous me dire, certes, je fais comme tout un chacun sur un blog, je donne mon avis comme s'il pouvait intéresser quelqu'un d'autre que moi - on ne sait jamais ! - mais au moins puis-je donner un avis qui puisse potentiellement vous intéresser. Qui n'a pas dans son entourage une - ou plusieurs, malheureux que vous devez être - de ces jeunes femmes qui passent la majeure partie de leur existence à clamer haut et fort que leur homme, leur Homme devrais-je dire, est le plus beau, le plus grand, le plus fort - Dieu, il doit avoir un sacrément gros kiki si vous voulez mon avis. 
Vous savez, celles qui trouvent toujours un moyen pour glisser de-ci de-là que leur Homme ci et leur Homme là. Ca ne vous rappelle pas quelque chose? Moi si. La cour de récré et ses débats échevelés qui finissaient toujours mal pour savoir quel père/mère/frère/grand-père/cousin germain par alliance au 120ème degré est le meilleur. 

Ce qui, cela dit en passant, n'a pas lieu d'être puisque c'est mon père le meilleur, ça a toujours été le cas, et ça le sera toujours. C'est un fait, que voulez-vous, il n'y a rien à y ajouter.

Mais revenons-en à nos fiancées énamourées. Vous aussi n'est-ce pas, elles vous font grincer des dents et il vous faudrait certainement un cric pour vous les desserrer et vous faire avouer que oui, elles touchent parfaitement au but, vous êtes jalouse. Parce que le votre d'homme, il ne pense jamais à vous offrir des fleurs, il n'a toujours pas compris que ce dont vous aviez besoin là, maintenant, c'est d'un gros câlin et pas d'une dissertation sur vos torts et responsabilités dans cette obscure histoire de paire de chaussettes décédées au cours d'un échange en toute amitié, il ne fait pas la vaisselle, ou ne fait pas à manger, ou pire, ne fait pas les deux, il... Enfin je crois que vous pourrez ajouter les assertions manquantes par vous-même, non?

Au passage, le mien d'homme est idéal, puisqu'il est imaginaire. Certes, il ne fait pas grand-chose à la maison, mais ce n'est pas ce qu'on attend d'une projection illusoire et en toute lucidité, je ne vais pas lui en vouloir (pour ceux qui se poseraient la question, il s'appelle "Homme Imaginaire" oui, avec deux majuscules, parce qu'il est vraiment parfait).

Et bien voilà le scoop. Ce sont celles qui crient le plus au loup qui le voient le moins. Le loup. Ou la queue du loup. Si, si, je vous le jure. 
Comment je sais ça? Parce que si j'en avais un d'aussi parfait d'homme, je passerais mon temps à user et abuser de lui, et à me laisser abuser en toute impunité, pas à le crier sur tous les toits.
Et quel malheur pour elles, de ne pas pouvoir s'adonner à ce si grand plaisir qu'est la ralerie entre filles à propos de l'homme si imparfait qui partage leur vie mais qu'elles n'échangeraient pour rien au monde.

Soyons honnêtes quelques instants, avant de reprendre notre rôle de présence féminine qui cherche par tous les moyens à rendre idéal un homme qui ne l'est pas et ne le sera jamais. Imaginez s'il l'était? Imaginez l'horreur que ce serait? Imaginez ! Nous serions tout simplement obligées de reconnaître que c'est peut-être nous qui ne sommes pas parfaites quand nous l'ennuyons pour un rien, quand nous lui piquons une crise de jalousie ou quand nous lui reprochons de ne jamais faire la vaisselle simplement parce que là, on a juste la flemme et qu'il ne faudrait surtout pas demander tout simplement. Oh ne faites pas semblant de rien, reconnaissez-le, nous sommes toutes les mêmes.

Alors résumons. Crier au loup, c'est ne même pas en voir le bout du nez - non, pas de la queue, bande de petits saligots. Rester près de son homme? Oui, mais seulement s'il n'est pas parfait. Et les Blues Brothers? Seulement avec les lunettes de soleil, merci.

(Et avouons-le, ils n'ont pas tort, il n'y a rien de meilleur que de bichonner un homme et de se faire chouchouter par celui-ci, alors restons près d'eux.)

mercredi 2 juin 2010

Tu crois que...?


Tu crois que si la Terre tournait moins vite, j'aurais le temps de me trouver?
Tu crois que si je ne suis pas moi-même, je suis quelqu'un d'autre?
Tu crois que si je pleure, je pisserai moins?
Tu crois que si j'ouvre les volets, il fera beau?
Tu crois que dans la vie, il y a des hauts, des bas et des porte-jarretelles?
Tu crois que l'enfant qui sommeille en moi se moque de tout ça et veut une glace?
Tu crois que moi, c'est moi, et les autres, c'est eux?
Tu crois que oui, mais non, enfin peut-être, mais non?
Tu crois que mes rêves peuvent se rêver et ma réalité se réaliser?
Tu crois que même si je me cache, on peut me trouver?
Tu crois qu'au final, tout finira?

Tu crois?