"Sometimes it's hard to be a woman
Giving all your love to just one man
And if he love you
Oh be proud of you
'Cause after all he's just a man
Stand by your man
Give him two arms to claim to
And something warm to come to
When nights are cold and lonely
Stand by your man
And tell the wolrd you love him
Keep giving all the love you can
Stand by your man"
A écouter cette chanson tirée des Blues Brothers - la première version, oui, je serai fidèle jusqu'à la mort à mes classiques d'enfance, quoi que vous puissiez en dire - cette question me vient. Stand by your man? Reste près de ton homme? Vraiment?
Oh bien sur, je vous entends dire vous là, au fond, que je peux bien parler, célibataire et plutôt heureuse de l'être que je suis, que je ne suis qu'une sale petite peste jalouse. Mais là, ah, et bien c'est la définition de ce qu'est une femme, non? Qui suis-je donc pour me vexer d'être considérée comme telle?
Il ne s'agit bien sûr pas d'un début de pamphlet vipérin à l'encontre de la gent masculine. J'aime les hommes, probablement bien plus qu'il n'est raisonnable, et certainement bien trop pour mon bien. Mais. La question n'est pas là.
Reste près de ton homme? Vraiment? Ces quelques paroles, sur fond de cris grivois et de lancés plus ou moins réussis de bouteilles vides - ou pleines, tout dépend de votre vision du monde - m'ont frappée par leur justesse. Après tout, chaque femme à sa manière aspire à rester près d'un homme, à le porter aux nues et à lui offrir ses bras - son corps d'ailleurs, vivons avec notre temps - tout comme les féministes clament haut et fort que c'est la chose la plus avilissante qui puisse exister.
Où veux-je donc en venir avec tout ça allez-vous me dire, certes, je fais comme tout un chacun sur un blog, je donne mon avis comme s'il pouvait intéresser quelqu'un d'autre que moi - on ne sait jamais ! - mais au moins puis-je donner un avis qui puisse potentiellement vous intéresser. Qui n'a pas dans son entourage une - ou plusieurs, malheureux que vous devez être - de ces jeunes femmes qui passent la majeure partie de leur existence à clamer haut et fort que leur homme, leur Homme devrais-je dire, est le plus beau, le plus grand, le plus fort - Dieu, il doit avoir un sacrément gros kiki si vous voulez mon avis.
Vous savez, celles qui trouvent toujours un moyen pour glisser de-ci de-là que leur Homme ci et leur Homme là. Ca ne vous rappelle pas quelque chose? Moi si. La cour de récré et ses débats échevelés qui finissaient toujours mal pour savoir quel père/mère/frère/grand-père/cousin germain par alliance au 120ème degré est le meilleur.
Ce qui, cela dit en passant, n'a pas lieu d'être puisque c'est mon père le meilleur, ça a toujours été le cas, et ça le sera toujours. C'est un fait, que voulez-vous, il n'y a rien à y ajouter.
Mais revenons-en à nos fiancées énamourées. Vous aussi n'est-ce pas, elles vous font grincer des dents et il vous faudrait certainement un cric pour vous les desserrer et vous faire avouer que oui, elles touchent parfaitement au but, vous êtes jalouse. Parce que le votre d'homme, il ne pense jamais à vous offrir des fleurs, il n'a toujours pas compris que ce dont vous aviez besoin là, maintenant, c'est d'un gros câlin et pas d'une dissertation sur vos torts et responsabilités dans cette obscure histoire de paire de chaussettes décédées au cours d'un échange en toute amitié, il ne fait pas la vaisselle, ou ne fait pas à manger, ou pire, ne fait pas les deux, il... Enfin je crois que vous pourrez ajouter les assertions manquantes par vous-même, non?
Au passage, le mien d'homme est idéal, puisqu'il est imaginaire. Certes, il ne fait pas grand-chose à la maison, mais ce n'est pas ce qu'on attend d'une projection illusoire et en toute lucidité, je ne vais pas lui en vouloir (pour ceux qui se poseraient la question, il s'appelle "Homme Imaginaire" oui, avec deux majuscules, parce qu'il est vraiment parfait).
Et bien voilà le scoop. Ce sont celles qui crient le plus au loup qui le voient le moins. Le loup. Ou la queue du loup. Si, si, je vous le jure.
Comment je sais ça? Parce que si j'en avais un d'aussi parfait d'homme, je passerais mon temps à user et abuser de lui, et à me laisser abuser en toute impunité, pas à le crier sur tous les toits.
Et quel malheur pour elles, de ne pas pouvoir s'adonner à ce si grand plaisir qu'est la ralerie entre filles à propos de l'homme si imparfait qui partage leur vie mais qu'elles n'échangeraient pour rien au monde.
Soyons honnêtes quelques instants, avant de reprendre notre rôle de présence féminine qui cherche par tous les moyens à rendre idéal un homme qui ne l'est pas et ne le sera jamais. Imaginez s'il l'était? Imaginez l'horreur que ce serait? Imaginez ! Nous serions tout simplement obligées de reconnaître que c'est peut-être nous qui ne sommes pas parfaites quand nous l'ennuyons pour un rien, quand nous lui piquons une crise de jalousie ou quand nous lui reprochons de ne jamais faire la vaisselle simplement parce que là, on a juste la flemme et qu'il ne faudrait surtout pas demander tout simplement. Oh ne faites pas semblant de rien, reconnaissez-le, nous sommes toutes les mêmes.
Alors résumons. Crier au loup, c'est ne même pas en voir le bout du nez - non, pas de la queue, bande de petits saligots. Rester près de son homme? Oui, mais seulement s'il n'est pas parfait. Et les Blues Brothers? Seulement avec les lunettes de soleil, merci.
(Et avouons-le, ils n'ont pas tort, il n'y a rien de meilleur que de bichonner un homme et de se faire chouchouter par celui-ci, alors restons près d'eux.)